Mais qu'est ce qu'une zone humide ?
Les zones humides sont des espaces de transition entre la terre et l'eau (douce ou salé), où l'eau est présente de façon permanente ou temporaire. Ce sont les marais, les lagunes, les estuaires, ou les mangroves par exemple.
Ce sont aussi des éléments fondamentaux du grand cycle de l’eau à l’échelle de la planète, et ils rendent de très nombreux services aux sociétés humaines : épuration, stockage et restitution de l’eau ; alimentation (pêche, chasse, cueillette), sources de matières premières (bois, osier, fourrage), recharge des cours d’eau, rétention des crues, protection contre les submersions marines, stockage du carbone, activités culturelles et de loisirs, etc. Ce sont aussi d'extraordinaires réservoirs pour la biodiversité.
Les milieux humides sont ainsi parmi les écosystèmes naturels les plus riches et productifs de la planète. Une personne sur huit dans le monde en tire sa nourriture ou des matériaux utiles dans son quotidien. Pourtant depuis le début du XVIIIème siècle, 21% de la surface des milieux humides à disparu dans le monde. Il est donc essentiel de les protéger.
Et chez nous plus spécifiquement ?
Marais, prairies humides, étiers, canaux, mares, bras de la Loire… ces espaces forment de véritables poumons naturels. Ils accueillent une biodiversité remarquable et jouent un rôle essentiel dans l’équilibre du territoire. Ce sont des zones vivantes, capables de stocker l’eau lors des fortes pluies, de la restituer progressivement en période sèche, de limiter les inondations et d’améliorer naturellement la qualité de l’eau.
Le Sud Estuaire possède une diversité unique de zones humides :
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le marais du Boivre, aussi appelé marais de la Giguenais, vaste paysage façonné par l’eau et l’élevage,
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la réserve du Migron et du Massereau, lieux privilégiés pour l’observation des oiseaux,
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le canal de la Martinière, trait d’union entre patrimoine historique et nature,
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les marais de l’Aumondière entre Saint-Viaud et Paimbœuf,
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les étiers de la Gravelle à Corsept,
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sans oublier les nombreux marais estuariens, prairies inondables, mares et douves bocagères.
Cette forte présence des zones humides s’explique notamment par l’influence de la Loire et de ses milieux annexes. Le territoire est presque entièrement situé dans son bassin versant, et l’estuaire structure une grande partie des paysages naturels.
Une biodiversité exceptionnelle :
Les zones humides du Sud Estuaire sont de véritables réservoirs de vie. Elles accueillent une faune et une flore d’une grande diversité, souvent discrète mais exceptionnelle. Situé sur un grand axe de migration entre l’Europe et l’Afrique, le territoire est une étape essentielle pour de nombreux oiseaux. Dans les marais, les vasières de la Loire et les réserves du Migron et du Massereau, on peut observer hérons, aigrettes, spatules, canards, barges ou bécasseaux, qui viennent s’y reposer et s’y nourrir.
Le Sud Estuaire accueille aussi des espèces remarquables, comme le Phragmite aquatique, l’oiseau le plus menacé d’Europe, suivi notamment dans les marais de l’estuaire. Le long des berges du canal, on retrouve les traces discrètes de la loutre d'Europe. Au large de Saint-Brevin, le Puffin des Baléares, espèce marine en danger critique d’extinction, transite également par l’estuaire.
Les zones humides sont indispensables aux amphibiens : grenouilles, crapauds et tritons y trouvent l’eau nécessaire à leur reproduction. Le territoire abrite notamment le Triton crêté et le Triton marbré, espèces rares et protégées. Autour des mares, canaux et marais, les libellules sont très présentes : elles sont de précieux indicateurs de la qualité de l’eau.
Ces milieux sont aussi essentiels pour les chauves-souris, qui viennent y chasser les insectes, et pour de nombreux mammifères liés à l’eau.
Côté végétation, certaines plantes rares témoignent de la richesse écologique du Sud Estuaire : l’Angélique des estuaires, la Linaigrette, la Drosera (plante carnivore), la Pulicaire commune ou encore la Renoncule à feuilles d’Ophioglosse. Leur présence montre combien ces milieux sont précieux et fragiles.
Des zones à préserver :
Mais ces milieux sont fragiles. À l’échelle nationale, plus de la moitié des zones humides ont disparu au cours du siècle dernier. Aujourd’hui, leur préservation est devenue une priorité. Le Sud Estuaire agit pour entretenir ses marais, restaurer les cours d’eau, lutter contre les espèces envahissantes et maintenir un équilibre entre activités humaines et protection de la nature, grâce notamment à la création d'un service GEMAPI, l'embauche d'un éclusier...
Des zones à découvrir :
Explorer les zones humides du Sud Estuaire, c’est entrer dans un paysage vivant, en perpétuel mouvement :
- une promenade le long du canal de la Martinière, avec le circuit du carnet par exemple.
- une observation d’oiseaux au Migron ou au Massereau, en allant à pied jusqu'à l'observatoire des Carris ou en participant à une sortie nature organisé par le département
- une balade dans les marais de la Giguenais, grâce au circuit de la Roche Govi ou du Boivre, ou de l’Aumondière, en faisant le tour du Lac de Saint-Viaud
- une balade à vélo le long de la Digue à Corsept à Saint-Brevin-les-Pins pour observer les oiseaux des vasières
- Et tant d'autres possibilités encore, n'hésitez pas à nous solliciter pour les connaître.
Ici, l’eau n’est pas seulement un décor : elle est l’âme du territoire.
Les zones humides du Sud Estuaire constituent un patrimoine naturel exceptionnel, à la fois fragile et précieux, qui invite à la découverte lente, à la contemplation et à une meilleure compréhension de l’équilibre entre l’homme et la nature.
Nous comptons sur vous pour nous aider à les préserver.















