Le marais du Boivre, aussi appelé marais de la Giguenais, tire son nom d’un ancien golfe maritime aujourd’hui comblé par les alluvions et séparé de la mer par une dune naturelle. Ce vaste espace, situé entre Saint-Brevin-les-Pins et Saint-Père-en-Retz, est devenu au fil du temps un véritable refuge pour de nombreux oiseaux, observables en toute saison.
Il faut imaginer qu’autrefois, le Boivre avait l’allure d’un véritable fleuve. Dans l’Antiquité, il permettait même à Saint-Père-en-Retz de disposer de son propre port, reliant directement ce territoire à l’estuaire et aux échanges maritimes.
Aujourd’hui, au cœur du Sud Estuaire, les marais de la Giguenais forment un immense écrin naturel, façonné à la fois par l’eau et par l’action de l’homme.
Ce paysage remarquable, géré par un syndicat regroupant 163 propriétaires, s’étend sur près de 8 kilomètres, du bourg de Saint-Père-en-Retz jusqu’à l’Hermitage à Saint-Brevin-les-Pins. Il couvre une superficie d’environ 390 hectares, dont 80 % se situent sur la commune de Saint-Père-en-Retz, faisant de ce site l’un des plus grands ensembles de marais du Pays de Retz.
Véritable colonne vertébrale de ce milieu, le Boivre traverse les marais avant de rejoindre l’océan. Long d’environ 11 kilomètres, il est complété par un vaste réseau hydraulique composé de près de 22 kilomètres de canaux secondaires et de 32 kilomètres de douves. Ce maillage délicat dessine les parcelles, régule la circulation de l’eau et permet de maintenir l’équilibre entre zones humides, prairies pâturées et richesse écologique.
Chaque année, un important travail d’entretien est mené sur le Boivre. Le curage, réalisé par dragage et aspiration, permet d’extraire la vase accumulée dans le lit du cours d’eau. Déposée ensuite sur les berges, cette vase devient une ressource naturelle : elle enrichit les sols et bénéficie directement aux pâturages. En 2022, près de 2 000 m³ de vase ont ainsi été retirés, contribuant à la bonne santé du marais.L’entretien des berges fait également partie d’un travail de longue haleine. Plus de 1 500 mètres ont déjà été restaurés, et plusieurs kilomètres restent encore à entretenir. Cette gestion régulière est essentielle pour assurer un bon écoulement de l’eau, prévenir les déséquilibres hydrauliques et préserver les habitats naturels.
Les marais de la Giguenais incarnent ainsi un équilibre précieux entre nature, agriculture et gestion humaine. Un paysage vivant, modelé par des siècles d’histoire, qui change au fil des saisons et invite à la découverte. Ici, l’eau raconte une histoire : celle d’un territoire attentif à la préservation de ses paysages, de sa biodiversité et de l’harmonie entre l’homme et la nature.









