Expo : L'Egypte dans l'estuaire

Du vendredi 21 janvier au dimanche 13 février 2022

Vendredi, samedi, dimanche

de 15:00 à 18:00

Samedi, dimanche

de 10:00 à 12:30

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Exposition de photographies de 1856 à 1870.


L’Égypte dans l’estuaire

Les voyages de Francis Frith au cours du Nil

Francis Frith fut d’abord apprenti coutelier, puis épicier de gros, photographe et enfin éditeur. Il naît à Chesterfield le 7 octobre 1822 (Grande-Bretagne), s’éteint à Cannes à soixante-seize ans.
Les procédés de la chambre noire fraîchement mis au point par Daguerre, Niépce et Fox Talbot l’ont fasciné au point de créer la Liverpool Photographic Society en 1853.
Fortune faite, il s’adonne aux voyages, notamment en Égypte où il se rend plusieurs fois entre 1856 et 1860.

Au Caire, Frith prend pied sur une dahabieh, embar­cation qui lui servira ­à la fois d’atelier et de laboratoire.
Il utilise trois appareils aux formats variables : un « Mammoth-Plate » (40,6 x 50,8cm), un « Whole-Plate » (16,5 x 21,6 cm) et un appareil stéréoscopique (6 x 13 cm) dont les vues composent l’essentiel de cette exposition.

Voyons dans ces images pionnières un véritable tour de force ; les clichés sont d’une indéniable netteté, baignés de contrastes peu courants pour l’époque et d’une composition léchée, autant de résultats obtenus sous des températures accablantes qui
rendent les prises de vues incertaines.
Techniquement, le procédé du négatif sur verre au collodion est ultra sensible, la substance s’évapore avant même que les plaques soient enduites, mouches et grains de sable viennent s’y coller à tout moment.
Au reste, les plaques sont d’un poids conséquent.
Ses témoi­gnages photographiques lui vaudront des retombées pécuniaires opulentes qui lui permirent de fonder la « Frith and Cie » en 1862, une société d’édition qui perdurera jusqu’en 1971.

Père de huit enfants, marié à Mary Ann Rosling avec laquelle, un temps, il songea monter une communauté de quakers, l’homme est un rien exalté.

Il y a chez lui quelque chose d’un transport mystique. « En suivant mon inclination pour un passé romanesque et achevé, plutôt que pour le présent immature et trépidant, j’allais à l’est et non à l’ouest.
Je voulais commencer au commencement de l’histoire de l’humanité, je voulais poursuivre le soleil jusqu’à son lever et voir les terres que ses premiers rayons éclairent. »
La phrase est empruntée à ses mémoires au titre roucoulant : La Véritable Histoire de ma vie, biographique, métaphysique et religieuse (1884).

Ses vues d’Égypte sont d’un intérêt crucial.
D’une part, elles montrent un monde figé, à l’abandon depuis des milliers d’années, témoins d’injures infligées par le temps et par l’homme.
L’érosion aura grignoté la face des dieux, les vents ont ensablé des colosses hauts de vingt mètres. Mais de plus durs malheurs ruinèrent les effigies : remaniements stylistiques de l’époque romaine, réutilisation de matériaux pour des construc­tions modernes, destructions raisonnées sous l’ère chrétienne en vertu des nouvelles croyances pointant du doigt les formes de paganisme.
Frith dresse un état des lieux à un instant de bascule.
l nous montre les restes d’un passé à peu près tels que les vit Napoléon lors des campagnes d’Égypte (1798-1801), lui et Vivant Denon qui composera son fameux Voyage dans la Haute et Basse Égypte (1802).
On est entré dans l’ère des ­pillages, des butins militaires passés au crédit de l’érudition…

Peu avant les voyages de Frith et après le passage des troupes françaises au pied des pyramides, en 1821 – l’année où Bonaparte rend son dernier souffle à Sainte-Hélène – un lotois, Jean-François Champollion, déchiffre l’écriture de l’ancienne Égypte, « un système complexe, une écriture tout à la fois figurative, symbolique et phonétique, dans un même texte, une même phrase, je dirais presque dans un même mot » (1824, Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens).
Il faut dire que l’époque est la bonne alors que la houle pré-romantique du XVIIIe siècle a préparé le terrain. Parmi d’autres, un auteur comme Volney dans un texte célèbre, Les Ruines (1791) aura ouvert la porte à une « esthétique des débris ». Après Volney, on connaît
le penchant des romantiques pour les ruines et cette frénésie perdurante qu’est devenue l’« égyptomania ».

Bien peu avant Frith auront descendu le Nil armés d’une chambre noire. Parmi eux, il faut citer Joseph Girault de Prangey dont les daguer­réotypes ramenés de son voyage entre 1842 et 1845 constituent les toutes premières photographies d’Égypte. Mais Francis Frith aura eu comme illustres prédecesseurs Gustave Flaubert (le futur auteur de Borary n’a pas trente ans) et son comparse Maxime Du Camp, lesquels séjournent au pays des pharaons en 1849-1850.
On tient de Flaubert une abondante correspondance de ce voyage dont plusieurs extraits accompagnent cette exposition.
Quant à Du Camp, brillant photographe amateur, il s’en revient chargé d’un ensemble inestimable de vues d’Égypte, des tirages sur papier salé.

Toujours avant Frith, relevons l’apport icono­graphique de Félix Teynard de passage en Égypte en 1851-1852 et celui de John Beasley Greene, photographe américain à qui l’on doit plus de deux cents clichés des mêmes contrées (1854).

Ses suiveurs seront nombreux tout au long du XIXe siècle (Campigneulles, Le Gray, Beato, Hammerschmidt, Fiorillo, Félix Bonfils…), à peu près tous affirmeront leur goût orientaliste, plus « ethnologique » que l’approche analytique à laquelle Francis Frith semble s’astreindre. Très peu de personnages figurent sur ses clichés, et lorsqu’ils sont là, c’est pour donner un rapport d’échelle aux monuments plutôt que pour humaniser ses vues. Son style n’a d’équivalent que celui d’un duo qui va reprendre ses pas : Claude-Marie Ferrier (1811-1889) et Charles Soulier (1840-1876) dont les vues stéréo­scopiques viennent compléter cette exposition.

Entrée libre, du 21 janvier au 13 février 2022
Galerie À Contre-Courant, 5, quai Boulay-Paty,
Ouvert les vendredis de 15h à 18h, les samedis et dimanches de 10h à 12h30 et de 15h à 18h.

 
Général
  • Catégorie de l'Animation :
    • Expositions
  • Détail de l'Exposition :
    • Photographies
  • Détail des Visites :
    • Visite libre
  • Informations Complémentaires :
    • Tout public
TarifsMinMax
Entrée libreGratuit
  • Mode(s) Paiement(s) :
    • Entrée libre

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Organisateur
Galerie À Contre Courant
M Hervé Nénard
Quai Sadi Carnot
44560
PAIMBOEUF
Tél : 02 40 27 53 82
Lieu
Galerie À Contre Courant
5 quai Boulay Paty
44560
PAIMBOEUF